Bébert.  Accueil La ruche naturelle exploitable Introduction Les divers types de ruches La ruche «procédé Izarra» Résultats pratiques Conclusions Bibliographie

caractéristiques ET DESCRIPTION DE LA RUCHE «PROCÉDÉ IZARRA»

«La chose la plus difficile, parfois,

est de rester simple»

RÉFLEXIONS préliminaires

Copier la Nature et s'en rapprocher le plus possible, dans la mesure de la compatibilité des données biologiques immuables de l'abeille et des exigences économiques de l'homme (récolte de miel et cire) dans un esprit de respect de cette Nature, doit être le but de tout apiculteur humaniste sachant concilier avec équilibre et bonheur ses besoins gastronomiques personnels avec le confort biologique des abeilles de ses ruches : la Nature en effet est notre grand modèle et notre sûr guide en toutes choses ; ne cherchons pas la complexité surajoutée ; la Nature est déjà suffisamment complexe par elle-même sans qu’il soit besoin de lui ajouter une complexité supplémentaire ; savoir rester Simple, voilà une forme de complexité, voilà une forme de sagesse! Rester le plus près possible de la Nature est à la fois difficile et aisé (...)

DÉFINITION DE LA RUCHE «PROCÉDÉ IZARRA»

La ruche «procédé Izarra» est une ruche à rayons fixes, dont les gâteaux de miel et cire existent d'un seul tenant, sans aucune discontinuité, et dont l'augmentation de capacité est obtenue par la pose par le bas de hausses toutes semblables et de section intérieure octogonale.

Comme on le voit par la définition précédente, quelques caractéristiques de cette ruche «procédé Izarra» rappellent la Ruche Populaire de l'abbé Warré ; la ruche «procédé Izarra» est, d'une certaine manière si l'on veut et cela par quelques caractéristiques, «une ruche Warré», mais elle est «une ruche Warré» simplifiée, modifiée et améliorée". Reprenons ces caractéristiques un peu plus en détail et point par point.

La ruche «procédé Izarra» est, si l'on veut, par quelques caractéristiques, une «ruche Warré» : la pose de ses hausses, toutes semblables, se fait par le bas ; elle est à rayons fixes ; elle possède une entrée des abeilles incorporée dans le plateau ; sa surface intérieure est de 900 centimètres carrés. Mais la ruche «procédé Izarra» est aussi «une ruche Warré simplifiée» :

Les barrettes porte-rayons, en effet, ont été supprimées.

La ruche «procédé Izarra» est également «une ruche Warrée modifiée» :

Elle diffère en effet de la ruche Warré par la forme octogonale de l'intérieur de ses hausses, par l'existence de croisillons intérieurs de soutien des gâteaux, par le soulèvement de ses hausses au moyen de 4 tasseaux disposés dans les 4 coins de la tranche des hausses et par l'épaisseur accrue de ses parois (4 centimètres).

La ruche «procédé Izarra» est enfin, «une ruche Warré» améliorée :

Elle est, en effet, améliorée dans ses qualités de calorifugeage, d'exploitation d'habitation pour les abeilles, par l'épaisseur de 4 cm de ses parois, par le soulèvement des hausses au moyen de 4 tasseaux, par le fait que ses gâteaux sont un seul tenant et plus hauts que larges et enfin par la forme octogonale de l'intérieur de ses hausses, forme idéale pour le confort biologique des abeilles.

Je résumerai æs caractéristiques en disant que la ruche «procédé Izarra» est «une ruche Warré» sans barrettes porte-rayons et à hausses de section supérieure octogonale, ces deux caractéristiques étant celles qui la distinguent plus de la ruche de l'abbé Warré.

(Je rappelle, pour mémoire, les caractéristiques de cette ruche de l'abbé Warré : hausses de section intérieure carrée 30 cm x 30 cm et de hauteur 21 cm, toutes semblables, donnant une surface intérieure de 900 cm² et donc un volume de 18 litres 900 ; rayons fixes s’attachant à 8 barrettes porte-rayons ; pose des hausses par le bas ; entrée des abeilles incorporée dans le plateau. Je renvoie les lecteurs, pour plus de détails, au Livre de l'abbé Warré «L'apiculture pour tous»). (Voir également la figure 15 de la présente brochure).

Je résume très rapidement les arguments qui militent en faveur de cette ruche Warré, qui en soulignent l'originalité et qui en font une ruche plus rationnelle et plus saine pour les abeilles que les ruches à cadres mobiles : (voir la figure 15) la pose des hausses par le bas empêche le refroidissement du couvain et évite d'irriter les abeilles ; cette opération peut se faire par tout temps et régénère automatiquement les cellules du couvain ; elle est strictement conforme à la biologie de l'abeille qui construit toujours ses rayons du haut vers le bas ; l'objection, avancée par les détracteurs de la ruche Warré, que cette pose des hausses par le bas favoriserait le pillage (les gardiennes de l'entrée étant supposées moins efficaces du fait que l'entrée est éloignée des gâteaux), cette objection ne tient pas, car il est reconnu que les abeilles étrangères répugnent pénétrer dans une cavité dépourvue de lumière ; au contraire, cette pose par bas éloigne les gâteaux des perturbations du vent s'engouffrant par l'entrée ; effet, après cette pose, les gâteaux seront éloignés de l'entrée par la hausse le ainsi posée par le bas ; enfin, cette ruche Warré se rapproche beaucoup de ruche en tronc d’arbre et est assez étroite, ce qui l'oppose aux ruches à cadres mobiles, en mettant en même temps en évidence son avantage sur ces ruches à cadres mobiles auxquelles on peut faire le grand reproche d'avoir une trop grande cité en largeur, alors que l'étroitesse relative de la ruche Warré permet le meilleur confort aux abeilles, disposition qui n'empêche nullement l’agrandissement de cette ruche, par la pose de hausses par le bas.

Quant à la ruche «procédé Izarra», si elle conserve tous les avantages de ruche Warré (pose des hausses par le bas avec tous les avantages qui s'y rattachent comme je viens de le rappeler plus haut ; même surface intérieure de centimètres carrés soulignant son étroitesse relative avec les avantages qui rattachent à cette particularité), diffère de cette ruche Warré par trois caractéristiques fondamentales :

  1. Plus grande simplicité du fait de l'absence de barrettes porte-rayons
  2. Forme octogonale de l'intérieur des hausses qui fait que cette ruche "procédé Izarra'' se rapproche encore davantage de la forme cylindrique du tronc d'arbre, avec tous les avantages qui en résultent : meilleure concentration de la chaleur autour de la masse sphérique des abeilles, meilleures aération et circulation de l'air par la suppression des angles droits des coins, lieux de stagnation de l'air et, de ce fait, cause d’humidité stagnante. (On sait que la ruche est humide, mais ce qui est à redouter, et à éviter ce n'est point tant cette humidité que sa stagnation cause de moisissure).
  3. Gain d'espace utile pour miel et cire du fait de la suppression des barrettes porte-rayons et des espaces vides séparant les gâteaux suspendus dans chaque hausse, tous les 21 cm, à ces barrettes porte-rayons.

Il découle de toutes ces considérations des avantages de 2 sortes :

  1. Des avantages pour les abeilles
  2. Des avantages pour l'apiculteur

Avantages pour les abeilles

Ils sont au nombre de trois et sont directement liés au fait que la ruche ''procédé Izarra'', précisément par trois de ses caractères, se rapproche de la ruche des abeilles sauvages en tronc d'arbre ; autrement dit, les trois caractéristiques qui rapprochent la ruche ‘'procédé Izarra!'! de la ruche en tronc d'arbre des abeilles sauvages sont autant d'avantages pour les abeilles.

Avant l'examen de chacun de ces trois avantages pour les abeilles, je ferai done un rappel sur une caractéristique de la ruche en tronc d'arbre des abeilles à l'état sauvage.

Premier avantage pour les abeilles

Je rappelle tout d'abord que, dans le tronc d'arbre des abeilles à l'état sauvage, les gâteaux de miel et cire sont de type «Layens» ; plus exactement, le type «Layens» étant lié non seulement à la forme des cadres mais également à leurs dimensions, ils ont, des cadres «Layens», LA FORME s'ils n'en ont point les dimensions, ceci pour répondre aux chicaneurs qui pourraient ergoter sur les détails ; pour bien préciser les choses, pour qu'il n'y ait point d'équivoque dans les esprits, j'entends donc par "gâteaux de type Layens" des gâteaux de LA FORME DES CADRES LAYENS; c'est-à-dire que ces gâteaux des abeilles à l'état sauvage sont très allongés, PLUS HAUTS QUE LARGES, existant sans discontinuité, à partir du plafond de l'habitat des abeilles, où ils sont fixés, jusque dans la partie inférieure du tronc d'arbre : du fait de leur forme «Layens», dont on sait qu'elle est celle qui permet le mieux l'hivernage, les gâteaux de miel et cire conviendront mieux à l'hivernage des abeilles, qui passeront plus aisément sur les réserves de miel situées au-dessus de leur groupe, d'où meilleur nourrissement pendant l'hiver et meilleure lutte contre le froid ; dans les ruches dont les gâteaux sont séparés en tranches superposées, (ruches à cadres mobiles, ruche Warré), ces gâteaux auront de ce fait une forme moins allongée et par conséquent se prêteront moins bien pour un hivernage idéal ; de plus, il résulte de ceci des vides (séparant les tranches de gâteaux entre elles) que les abeilles devront franchir pour parvenir jusqu'au miel.

Dans la ruche «procédé Izarra» on réalise exactement ce qui se passe dans la nature chez les abeilles en tronc d'arbre ; les gâteaux, en effet, sont du type «Layens» déjà décrit dans les lignes précédentes, d’un seul tenant, plus hauts que larges, avec tous les avantages d'une telle forme ; par la suppression des barrettes porte-rayons et donc par la suppression de tous les espaces vides qui raient les gâteaux en tranches discontinues et superposées, les gâteaux de la ruche «procédé Izarra» non seulement existent sans discontinuité mais surtout possèdent cette forme "Layens», c'est-à-dire qu'ils sont plus hauts que larges ; s’il y a des tranches, elles ne sont plus que virtuelles et non plus réelles comme la ruche Warré (et, à plus forte raison encore dans les autres types de ruches à cadres mobiles, l’épaisseur des cadres s'ajoutant alors à ce vide) ; en effet, ces gâteaux, allongés, plus hauts que larges, existent sans solution de continuité et le seront séparés en tranches qu'au moment de la récolte. (Encore cette sépara ne se fera-t-elle que dans la hausse supérieure, le miel à récolter étant emmagasiné dans la partie supérieure de La ruche).

Deuxième avantage pour les abeilles

Je rappelle encore que la forme cylindrique du tronc d’arbre des abeilles à l’état sauvage s'adapte au mieux à la forme sphérique du groupe d'abeilles et se prête au mieux, de ce fait, pour leur confort hivernal ; elle procure en effet aux habitants de la ruche une meilleure concentration de la chaleur autour de leur groupe sphérique, et également une meilleure circulation de l'air, sans aucun angle rentrant où l'air circule difficilement comme cela se produit dans les angles droits des coins intérieurs des hausses de la totalité des ruches (que ce soient les ruches à cadres mobiles ou bien la ruche Warré). Dans la ruche «procédé Izarra» on se rapproche beaucoup de ce qui se passe dans la nature chez les abeilles en tronc d'arbre : c'est la forme octogonale de l'intérieur de ses hausses, en effet, qui, d’avantage que la forme carrée et davantage encore que la forme rectangulaire, se rapproche de la forme cylindrique du tronc d'arbre creux ; la forme sphéro-cylindrique des ruches en paniers est idéale à ce point de vue-là ; on peut dire aussi que la forme carrée de la ruche Warré est une amélioration sur la forme rectangulaire de beaucoup de ruches à cadres mobiles, exception faite toutefois pour la ruche Voirnot qui possède des hausses de forme carrée : cette forme carrée, en effet, se rapproche du cylindre beaucoup mieux que la forme rectangulaire ; plus la forme intérieure des hausses se rapproche du cercle et plus les conditions sont idéales, puisque cette forme circulaire se moule au mieux sur la forme sphérique du groupe d'abeilles.

D'après les considérations présentes, on est en droit de conclure que l'idéal serait d'avoir des hausses de section intérieure CIRCULAIRE copiant au mieux la forme du tronc d'arbre, mais, pour des raisons uniquement de commodité pratique de réalisation, il est plus aisé de construire des hausses de section intérieure octogonale et une telle réalisation permet, en outre, de consolider les hausses par un renforcement intérieur, les 4 prismes triangulaires cloués dans les 4 coins consolidant la hausse. De plus, avec des hausses circulaires, il serait difficile de fixer les tasseaux extérieurs de saisie ; la forme octogonale de l'intérieur de la ruche «procédé Izarra» est, dans la pratique, très assimilable à la forme circulaire ; la géométrie nous enseigne certes que le cercle est la figure obtenue en multipliant jusqu'à l'infini le nombre de côtés d'un polygone inscrit dans ce cercle, mais pratiquement, on peut dire que l'octogone, pour les besoins d'un essaim d'abeilles, est tout à fait assimilable à un cercle ; en apiculture, où l'on n'est point astreint à la rigueur mathématique, on peut dire que l'octogone est un cercle. Pour les chercheurs futurs, j'indique à tout hasard qu'il est possible de construire des hausses à double parois dont l'intervalle serait rempli de laine de verre, de coton, ou de tout autre matériau isolant, car un inconvénient des hausses à parois épaisses et en bois plein est leur poids ; il y aurait donc de ce côté des recherches à faire.

Troisième avantage pour les abeilles

Je rappelle qu'en tronc d'arbre, les gâteaux de miel et cire existent d'un seul tenant, sans discontinuité et ne sont évidemment pas séparés en tranches par des hausses superposées ; ceci est bien évident mais je le rappelle pour la clarté de mon exposé. La ruche «procédé Izarra», par la suppression des barrettes porte-rayons et donc par la suppression des espaces vides qui séparent les gâteaux en tranches superposées et, par conséquent, par la suppression de tous ces espaces inutiles que les abeilles doivent chauffer, la ruche «procédé Izarra», donc, copie exactement la disposition d'un seul tenant des gâteaux de la ruche en tronc d'arbre : elle procure en effet aux abeilles le maximum de miel et cire dans le minimum d’espace, sans perte d'espace par des volumes non seulement inutiles mais nuisibles.

Je rappelle que l'abbé Warré lui-même, à la page 59 de son ouvrage, «considère Le vide qui sépare les hausses comme un défaut, puisque les abeilles doivent le chauffer à peu près inutilement au printemps... défaut moindre (cependant) que celui des ruches modernes (à cadres mobiles), où les abeilles doivent chauffer des espaces bien plus considérables». (Les parties entre parenthèses ont été rajoutées par nous-même).

Les avantages pour les abeilles se résument donc à ces trois points :

  1. Forme «Layens» des gâteaux permettant un meilleur hivernage.
  2. Forme octogonale de l'intérieur des hausses permettant une meilleure répartition de chaleur et une meilleure circulation de l'air humide autour du groupe sphérique des abeilles.
  3. Gain d'espace supprimant les volumes inutiles que les abeilles doivent chauffer.

À ces trois avantages on peut ajouter que les abeilles sont laissées entièrement libres de bâtir leurs constructions selon leurs propres initiatives, avec tous les avantages qui en découlent pour l'urbanisme de leur cité de cire ; cette dernière caractéristique rapproche la ruche «procédé Izarra» de la ruche en panier et je rappelle encore ici que, les abeilles étant laissées absolument libres, donneront à leurs gâteaux un intervalle idéal, à leurs alvéoles une obliquité idéale et, du fait qu'elles utilisent propre cire, doteront leur habitation d'un calorifugeage idéal.

Avantages pour l'apiculteur

Supprime les barrettes porte-rayons de la ruche Warré et leurs amorces de cire : économie de travail et de temps ; mais surtout supprime les espaces inutilisés c’est-à-dire non-remplis de miel et cire, d'où emmagasinement accru pour les abeilles et récolte améliorée pour l'apiculteur; c'est un argument qui sera le bienvenu auprès de la plupart ; remarquons cependant que ce qui était un avantage pour les abeilles l'est également pour l'apiculteur, car il me semble évident qu'il nous est avantageux que nos abeilles passent leur hiver et leur existence dans les meilleures conditions possibles d'habitat et de nourriture, la meilleure ruche pour les abeilles étant alors la meilleure ruche pour l'apiculteur ; l'essaim et l'apiculteur doivent coller l'un à l'autre, être les deux parties inséparables d'un même tout, doivent être unis comme le nom l'est à la chose qu'il désigne, comme le corps l'est à l'âme, comme l'homme doit l'être avec la Nature...

À tous ces avantages déjà énumérés, j'ajoute la suppression, par le soulèvement des hausses au moyen de 4 tasseaux, de l'ébranlement que ne manque pas d'apporter la rupture toujours plus ou moins brutale des adhérences dues à la propolis, au moment de la séparation des hausses à la récolte.

DESCRIPTION DE LA RUCHE «PROCEDE IZARRA»

La figure 1 montre, vue en plan, une hausse de la ruche «procédé Izarra» ; contours intérieurs forment un octogone régulier dont les côtés mesurent 13,6 cm dont la surface est très sensiblement de 900 centimètres carrés, c'est-à-dire la surface de la hausse de la ruche de l'abbé Warré ; ses caractéristiques s'inspirent ailleurs de la hausse Warré : à l'extérieur, mêmes tasseaux de saisie des hausses, constitués de 2 morceaux de bois cloués sur les côtés latéraux de cette hausse : même hauteur de chaque hausse, soit 21 cm ; la hausse «procédé Izarra» a le même volume que la hausse Warré, soit 18 litres 900 ; mais, au lieu d'être comme la hausse Warré un prisme quadrangulaire, elle est, du fait de sa section octogonale, un prisme octogonal ; l'épaisseur des parois de cette hausse «procédé Izarra» est de 4 cm, car je préfère donner à cette épaisseur les dimensions de 4 cm au lieu de 2,5 cm de la hausse Warré, les recherches de Maurice Mathis ayant montré qu'il est préférable d’avoir une ruche bien calorifugée ; l'entrée s'inspire de celle de la ruche Warré, c'est-à-dire qu'elle est incorporée dans le plateau (voir la figure 2).

Les 2 croisillons de l'intérieur des hausses, de section carrée 1 cm x 1 cm, destinés à soutenir les gâteaux et à les empêcher de s'effondrer, sont fixés en croix au milieu de la hausse, comme l'indiquent la figure I en plan, la figure 3 en coupe et la figure 6 en perspective ; je rappelle qu'il existe des croisillons absolument comparables à l'intérieur des ruches-paniers. La figure 2 montre la ruche «procédé Izarra» en élévation, de face et de profil. La figure 5 montre 3 hausses sur leur plateau, avec entrée des abeilles incorporée dans ce plateau, le toit et le matelas protecteur contre le froid ayant été enlevés et laissant de ce fait apparaître le plafond fait de simples planchettes juxtaposées. La figure 6 montre une hausse isolée : on y remarque les 4 tasseaux de soulèvement des hausses dans les 4 coins de la tranche de la hausse, ainsi que le coton figuré par les croix, lequel coton recouvre la tranche de la hausse ; on aperçoit les 2 croisillons de soutien des gâteaux, fixés en croix à l'intérieur de cette hausse. Les figures 3 et 4 montrent la ruche «procédé Izarra» en coupe, superposition de 3 hausses, avec le toit plat recouvrant un matelas protecteur contre le froid constitué de toiles et de papier-journal, le tout recouvrant le plafond de la ruche, dont nous verrons la disposition plus loin ; sur la figure 4, les gâteaux, seuls figurés, (ni les croisillons de soutien des gâteaux ni les tasseaux de soulèvement des hausses n'y sont figurés) sont montrés d'un seul tenant, du plafond de la ruche, où ils sont fixés, jusque dans la partie inférieure de la ruche ; on voit, en pointillé, les limites virtuelles des hausses. 7, 8, 9 et 10 montrent la disposition du plafond de la ruche procédé Izarra'' : ce sont des planchettes simplement juxtaposées côte à côte dans le sens parallèle au devant de la ruche, pour la raison que, dans la plupart des cas, les gâteaux sont disposés à bâtisses «froides».

Sur la figure 3, on voit, en coupe, 3 hausses superposées avec les tasseaux soulèvement des hausses (en noir), tasseaux qui, placés dans les 4 coins de la tranche de La hausse, la soulèvent sur une hauteur de 8 millimètres environ ; le coton remplissant les vides ainsi créés entre les hausses est figuré par les croix ; les croisillons intérieurs de soutien des gâteaux sont figurés en hachuré.

En résumé, la ruche «procédé Izarra» a quelques caractéristiques de la ruche Warré et elle en garde surtout les avantages (entrée des abeilles incorporée dans le plateau, dimensions idéales des hausses, surface intérieure donnant un volume bien adapté au volume des abeilles, étroitesse relative procurant aux abeilles un meilleur confort thermique, pose des hausses par le bas) ; mais elle en diffère par l'absence de barrettes porte-rayons et donc par l'absence de vides tous les 21 cm, par la forme octogonale de l'intérieur des hausses, par l'existence de 2 croisillons de soutien des eaux à l'intérieur de chaque hausse et enfin par le soulèvement de chaque hausse au moyen de 4 tasseaux épais de 8 millimètres, créant ainsi un espace vide entre les hausses, espace vide qui est comblé par du coton. (Ce coton est figuré par des croix, sur les figures 2, 3, 5 et 6).

La ruche «procédé Izarra» n'a plus l'inconvénient de la ruche Warré que constitue, de l'aveu de l'abbé Warré lui- -même, l'existence, tous les 21 cm, des vides séparant les hausses entre elles. La ruche «procédé Izarra» est tellement une sœur la ruche Warré (sœur puînée améliorée...) qu'on peut considérer que le vide de ruche Warré séparant, tous les 21 cm, chaque hausse de la hausse voisine, n'est qu'un moyen (un pis-aller comme l'abbé Warré le reconnaît lui-même page 59 de son ouvrage) pour séparer plus aisément les hausses l'une de l'autre lors de la récolte ; (dans la ruche «procédé Izarra» cette séparation des hausses se fera au moyen dune lame de couteau sectionnant les gâteaux tous les 21 cm) ; l'abbé Warré déplore existence de ces vides tous les 21 cm ; avec le soulèvement des hausses de la ruche «procédé Izarra» par 4 tasseaux, une telle ruche permet la séparation des hausses sans l'inconvénient de la ruche Warré qu'est la perte d'espace, ce qui a pour corollaire un gain d'espace utilisé par miel et cire avec, en plus, tous les avantages inhérents à une telle disposition des gâteaux (gâteaux d'un seul tenant ; hivernage plus facile ; économie de miel ; meilleures conditions pour les abeilles et gain pour l'apiculteur).

Les buts de la ruche Warré et de la ruche «procédé Izarra» sont identiques : chercher à acquérir le plus possible d'espace utilisé pour loger miel et cire, en un mot chercher à emmagasiner le maximum de miel dans le minimum d’espace ; chercher à éviter, dans la mesure du possible, cette perte d'espace inutile que les abeilles doivent chauffer ; chercher à donner aux abeilles les meilleures conditions possibles d'habitat ; chercher finalement, en résumé, à réaliser une symbiose harmonieuse entre les exigences biologiques des abeilles et les besoins économiques de l'homme : mais les moyens pour obtenir de tels résultats diffèrent, avec un avantage évident pour la ruche «procédé Izarra». Je dirai enfin, pour rappel, qu'on devrait, dans toutes les ruches à hausses, quelles qu'elles soient, soulever les hausses par 4 tasseaux, sinon on décolle le bois par arrachement, on ébranle la ruche par les efforts de levier de l'outil, on irrite les abeilles, alors qu'en soulevant les hausses d'avance par 4 tasseaux on évite tous ces inconvénients.

REMARQUES CONCERNANT LA RUCHE «PROCEDE IZARRA»

Il s'agit d'une ruche à rayons fixes, avec ses qualités et avec ses défauts ; je ne vais point m'engager ici dans les stériles querelles entre «mobilistes» et «fixistes» ; on ne peut pas ouvrir cette ruche comme on peut le faire pour les ruches à cadres mobiles et manipuler les abeilles comme on peut le faire si aisément, TROP AISÉMENT, avec ce type de ruches ; ce n'est pas une ruche d'expériences, mais la majorité des ruches en France et dans le monde ne sont pas des ruches d'expériences! Elles sont simplement des ruches de ceux qui veulent récolter un peu de miel pour leur usage familial ; pour celui qui veut étudier scientifiquement les abeilles, rien ne vaut une ruche à cadres mobiles et en verre, permettant ainsi 2 choses :

  1. Les manipulations aisées des gâteaux que l'on veut examiner et
  2. Les observations aisées des habitants de la ruche. Je rappelle que je possède une ruche vitrée sur ses deux faces et assez étroite pour que les abeilles ne puissent construire qu un seul gâteau ; ainsi, il n'est point nécessaire que Le cadre soit mobile, ses deux faces étant visibles des deux côtés garnis d'une feuille de verre.

Je rappelle encore que François Huber (inventeur de la ruche à feuillets, que l'on donne pour l'ancêtre de nos modernes ruches à cadres) bien plutôt qu'un récolteur de miel et cire, était un scientifique pour lequel ces récoltes de miel et cire passaient au second plan ; la ruche «procédé Izarra» est celle de l'apiculteur amateur, qui ne fait pas spécialement de la recherche scientifique, qui possède 15 ou 20 ruches, 30 à La rigueur, d'usage familial, pour lequel l'usage de l'extracteur ne s'impose pas par un nombre trop élevé de ruches, car «qui trop embrasse mal étreint» et, au delà d'un certain nombre de ruches, il est impossible à un seul individu de s'en occuper d'une manière humaine et humaniste ; au delà d'un certain nombre de ruches, on ne fait plus de l'apiculture mais du commerce ; l'amour de l'apiculteur pour ses abeilles se transforme en intérêt financier ; Hermès, le dieu des commerçants et... des voleurs, a tué Éros et pris sa place...

La critique de l'extracteur n'est plus à faire et je n'y reviendrai pas, m'étant déjà étendu sur cette question. La ruche «procédé Izarra» est la ruche de celui qui veut pratiquer une apiculture simple et en même temps rationnelle et pour lequel la colonie d'abeilles n'est point un capital exploitable et corvéable à merci, mais une amie qui le fait profiter du surplus de sa récolte de nectar.

Pour me résumer, la ruche «procédé Izarra» est, en somme, une ruche Warré sans barrettes porte-rayons et à hausses de section intérieure octogonale ou, si l'on préfère, la ruche «procédé Izarra» est un tronc d'arbre à hausses octogonales que l'on place par le bas.

Trois arguments majeurs militent en sa faveur :

  1. Gain accru d'espace utilisé pour loger miel et cire ; avantage pour les abeilles : moins d'espace inutile à chauffer ; et avantage pour l'apiculteur : récolte accrue.
  2. Forme «Layens» des gâteaux et avantage qui en découle pour les abeilles : hivernage plus rationnel.
  3. Forme octogonale, enfin, de l'intérieur des hausses rapprochant cette ruche de la forme cylindrique du tronc d'arbre : meilleure concentration de la chaleur et meilleures circulation et répartition de l'air et de l'humidité dont il est chargé autour du groupe sphérique des abeilles.

Trois raisons majeures qui résument son intérêt pour les abeilles et pour l'apiculteur.

Deux derniers arguments qui ne sont plus particuliers à la ruche «procédé Zarra» puisqu'on peut en faire bénéficier toutes les ruches, à quelque type qu'elles appartiennent, plaident encore en sa faveur :

  1. Le soulèvement des hausses par 4 tasseaux placés dans les 4 coins de la tranche des hausses, soulèvement qui évite l'ébranlement de la colonie lors de la séparation des hausses à la récolte et ;
  2. Le-calorifugeage idéal apporté par une épaisseur suffisante des parois ; à ce propos, rappelle que les abeilles sauvages, dans leur sagesse animale, choisissent en général des troncs d'arbre aux parois très épaisses, ce qui les protège efficacement contre les rigueurs du froid et également de la chaleur ; en donnant à mes ruches «procédé Izarra» épaisseur de 4 cm, je ne fais que m'inspirer de la sagesse de ces insectes.

Du fait qu'il n'y a ni cadres mobiles ni barrettes porte-rayons, les abeilles ruche «procédé Izarra» descendront très facilement du haut vers le bas, ne trouvant aucun obstacle à leur descente au cours de la fabrication de leurs gâteaux, alors que dans les ruches à cadres et aussi dans la ruche Warré, elles rencontrent ces interruptions à chaque hausse ; pour l'hivernage, de façon comparable, lorsqu'il leur faudra trouver de la nourriture en remontant chercher le miel au-dessus de leur groupe, (ceci dans les ruches à cadres mobiles et aussi dans la ruche Warré, je tiens à bien de préciser), elles rencontreront ces mêmes interruptions à chaque hausse ; les intervalles séparant les hausses (dans les ruches autres que la ruche «procédé Izarra»), constituent autant de coupures, autant d'arrêts gênants dans le travail des abeilles, alors que dans la ruche «procédé Izarra», par contre, les abeilles construisent leurs gâteaux sans discontinuité et donc sans gène aucune. (Sans gène lors de la construction des gâteaux pendant les mois d'été et sans gène également lorsque, pendant les mois d'hiver, elles monteront à la recherche de leur nourriture, le miel).

Le choix de 21 cm dans la hauteur des hausses se justifie par les raisons suivantes : (ce sont d'ailleurs les mêmes raisons qui ont fait choisir cette hauteur par l'abbé Warré pour sa Ruche Populaire) :

  1. Une hauteur supérieure donnerait une hausse bien trop lourde et de ce fait difficile à soulever.
  2. On arrête le prélèvement des hausses dès qu'on aperçoit du couvain ; si l'on avait des hausses de plus de 21 cm, on risquerait de prélever beaucoup de couvain, alors qu'avec des hausses de 21 cm, on risque d'en prélever moins.
  3. On pourrait, bien entendu, avoir des hausses d'une hauteur moindre que 21 cm; cela est très réalisable et donnerait des hausses d’un poids facile à soulever ; la seule objection serait l'inconvénient de multiplier les manipulations (pose des tasseaux de soulèvement, remplissage du vide avec du coton) ; l'avantage de hausses moins élevées permettrait de réduire au minimum le prélèvement de couvain : dès qu'on aurait prélevé une hausse contenant un tant soit peu de ce couvain, on s'arrêterait et, du fait que la hausse prélevée contiendrait peu de gâteaux, le prélèvement de couvain serait minime ; mais, comme je l'ai dit, cela multiplierait les manipulations (pose des tasseaux et du coton) et, avec une hauteur de 21 cm, ni trop grande ni trop petite, on reste dans des limites raisonnables ; «in medio stat virtus», nous enseigne l'antique sagesse.

Je résumerai finalement les caractéristiques et les qualités de la ruche «procédé Izarra» en disant que cette ruche est «une colonie,exploitable,d'abeilles sauvages en tronc d'arbre!» ou, pour m'exprimer d'une manière plus concise, que cette ruche est «un tronc d'arbre exploitable».

Pour ne pas être taxé de partialité, j'envisage maintenant les inconvénients qu'on est en droit de reprocher à la ruche «procédé Izarra», inconvénients qu'il me semble plus exact d'appeler imperfections.

Je l'ai déjà dit plus haut, les visites sont impossibles, du fait de la disposition d'un seul tenant des gâteaux de miel et cire, mais j'ai déjà dénoncé les dangers des visites trop fréquentes ; si la colonie se porte bien, pourquoi la visiter ? Et l'on a vu que les conditions biologiques sont idéales dans la ruche «procédé Izarra» pour le confort des abeilles et, d'ailleurs, rien que par l'examen de la planche de vol d'une ruche, on peut se rendre compte de pas mal de choses dans la vie de cette ruche : par l'examen des allées et venues des abeilles, par le nombre de celles qui entrent et sortent, par l'apport de pollen, par la percussion des parois des hausses qui renseigne sur la progression des bâtisses et leur disposition, on peut se rendre compte de l'état sanitaire de la ruche ; pas besoin pour cela de l'ouvrir; car cette ruche, comme la plupart des ruches de ceux qui espèrent une récolte et ne font pas uniquement de la recherche pure, n'est pas une ruche d'expérience ; voilà qui compense l'impossibilité de l'ouvrir ; voilà qui, si l'on veut, en console.

Heinrich Storch a écrit une excellente petite brochure «Am Flug Loch», (au trou de vol) qui apprend bien des choses rien que par l'examen des abeilles au trou de vol.

Il est difficile de nourrir au besoin ? Bien que je ne préconise pas le nourrissement (et surtout le nourrissement au sucre raffiné), on peut, à la rigueur, utiliser sur la ruche «procédé Izarra» le nourrisseur Warré : on décolle 2 ou 3 planchettes du plafond et l'on place ce nourrisseur Warré en prenant la précaution de boucher les ouvertures créées par l'enlèvement des planchettes ; je dis tout de suite que, dans ce nourrisseur, il est préférable de mettre, non du sucre, mais du miel, Donc, aucune difficulté, aucune objection valable de ce côté. Bien que, comme je viens de le dire, je ne sois pas chaud partisan du sucre, les plaquettes de sucre candi, faciles à placer sur le haut des rayons, résolvent au mieux cette question du nourrissement.

L'usage de l'extracteur est impossible ? Nous avons longuement dénoncé les dangers de cet appareil ; je le répète, la ruche «procédé Izarra» n'est pas une ruche d'expérience ; elle reste la ruche de l'apiculteur exploitant, mais pas de n'importe, quel exploitant, car elle est la ruche du vrai apiculteur qui, pour extraire son miel, utilise le simple écrasement des gâteaux, procédé qui donne un miel plus pur et naturel, l'apiculture pratique, simple et rationnelle étant la recherche de miel et cire dans des habitations saines pour les abeilles, bien adaptées à leur biologie ; plus on laissera les abeilles tranquilles, mieux cela vaudra, exception faite bien entendu pour le dérangement que nous leur apportons lors de la récolte, car on peut dire que l'apiculture est une symbiose heureuse entre, premièrement, les exigences rigides, difficilement modifiables des abeilles et, deuxièmement, les impératifs gastronomiques de l'être humain.

Il est difficile de soulever les hausses, du fait que leur pose se fait par le bas ? (Remarquons que cette objection peut être faite également à la ruche Warré, le remède en étant également le même).

Sur une ruche de 4 hausses, en récoltant 2 hausses, on n'a plus que 2 hausses à soulever, sous lesquelles, après récolte faite, on placera 2 hausses vides, ce qui n'est pas en dehors des capacités d'un homme de force moyenne et, au besoin, un ou deux aides ne posent que des problèmes de bon voisinage avec les villageois du pays ; on pourrait, à la rigueur, envisager pour le soulèvement des hausses, un système de deux brancards permettant de soulever aisément la ruche, en passant ces brancards sous les tasseaux de saisie des hausses ; il faut être eux pour soulever la ruche ; il n'y a là aucune difficulté et le problème n'existerait que pour les 'coupeurs de cheveux en quatre! ; je donne la description de ce système de brancards permettant un soulèvement facile, par deux personnesla figure 12 ; de la ruche «procédé Izarra» (et également de la ruche Warré) ; comme on peut le voir sur les dessins de la figure 12, cet appareil est très simple et permet d'éviter t ut effort dans la manipulation des ruches ; deux morceaux de bois AC et BD (ceux destinés à être passés sous les tasseaux de saisie de la hausse à soulever) sont reliés par des chevilles à 2 autres morceaux de bois AB et CD (ceux-là destinés à être saisis par chacun des deux opérateurs) ; la figure 12 montre, tout d'abord, les brancards isolés et fermés (figure 1 de la figure 12 ) ; les chevilles A, Bet C sont fixes et la cheville D est amovible ; la figure 2 de la figure 12 montre les brancards ouverts en D, la cheville D ayant été enlevée ; sur la figure 3 de la figure 12, on voit les brancards disposés sous les tasseaux de saisie de la hausse et prêts à soulever cette hausse ; pour la pose des brancards, ceux-ci étant préalablement ouverts en D, on dispose les deux morceaux de bois AC et BD sous les tasseaux de saisie de la hausse, on ferme la branche ouverte BD dont on assujettit l'extrémité libre à l'extrémité libre de la branche CD au moyen de la cheville amovible D. Pour soulever la ruche, chaque opérateur saisit une barre AB ou CD de Sa main droite, sa main gauche maintenant la ruche par le haut. (Je tiens à faire remarquer que dans son livre "L'apiculture pour tous", l'abbé Warré a omis de parler de cette question du soulèvement de ses hausses ; c'est là une lacune à laquelle j'ai remédié au moyen de ce système de brancards dont j'ai parlé ici).

Je le redis, l'idéal est d'avoir des ruches à 4 hausses : on laisse à la colonie ses chances d'essaimer si cet espace de 4 hausses ne lui suffit pas et, en récoltant 2 hausses, on n'aura, une fois la récolte effectuée, que 2 hausses à soulever afin d'y placer les 2 hausses vides destinées à la prochaine récolte.

AUTRE OBJECTION

Soit une ruche «procédé Izarra» à 4 hausses, dont les 2 hausses inférieures viennent d'être placées et sont donc vides de gâteaux ; les abeilles auront donc un chemin inutile à parcourir (la hauteur des 2 hausses vides) pour arriver jusqu'aux 2 hausses supérieures contenant les gâteaux. Mais je réponds que, dans leur immense sagesse, les abeilles trouvent la parade à cet inconvénient, et ceci justement du fait que la présence des vides entre les hausses, vides remplis de coton, leur autorise une telle parade : en effet, comme je l'ai déjà constaté sur mes ruches «procédé Izarra», les abeilles forent des ouvertures dans le coton séparant les hausses entre elles et peuvent très bien établir leur trou de vol, non pas sur la planche de vol, au ras du sol, dans le bas de leur ruche, mais bel et bien plus haut, à n'importe quel endroit de la ruche ; je l'ai plusieurs fois constaté sur mes ruches «procédé Izarra», même lorsque les gâteaux occupaient la totalité des hausses de la ruche ; ces abeilles trouvaient le moyen, bien que disposant d'une planche de vol normale, d'établir des trous de vol secondaires! Cela n'a aucun inconvénient, car si, au cours de la récolte, on enlève la hausse qui présentait un trou de vol secondaire , les abeilles auront tôt fait de rétablir ce trou de vol au travers du coton. Je dirai même que ce dispositif (à savoir le soulèvement des hausses et son corollaire, le remplissage, avec du coton, du vide ainsi créé) permet de laisser toute liberté aux abeilles pour établir leur trous de vol à l'endroit qu'elles veulent et dans le nombre qu'elles veulent. On peut ainsi avoir des ruches présentant plusieurs entrées. Dans la ruche «procédé Izarra», liberté totale est donc laissée à ses habitants pour établir leur trou de vol ( ou leurs trous de vol) ; ceci souligne encore une fois à quel point une telle ruche respecte la Nature que la liberté des abeilles ; la ruche «procédé Izarra» est vraiment une ruche respectant au mieux la liberté de ses habitants.

AUTRE OBJECTION

Au cours de la section des gâteaux, on répand du miel à l'intérieur de la ruche ? Mais je réponds que ce miel est aussitôt réabsorbé par les abeilles ; je rappelle qu'il faut, bien entendu, prendre toutes les précautions nécessaires pour éviter de répandre du miel au-dehors de la ruche lors de l'enlèvement des hausses ; on vient de voir que le miel répandu à l'intérieur de la ruche était réabsorbé par les abeilles.

DERNIÈRE OBJECTION

On peut tuer la reine lors du passage de la lame du couteau ? Mais la reine a été chassée vers les hausses sous-jacentes par la fumée ; ce serait une éventualité, possible je le reconnais, mais le pourcentage de risques pour que la reine se trouve juste devant la lame du couteau est infime ; c'est un risque que n'évitent pas non plus les autres apiculteurs au cours des MANIPULATIONS NOMBREUSES de leurs ruches. D'ailleurs, la mort de la reine est un accident auquel les abeilles apportent un rapide remède, nous donnant là une démonstration de leur merveilleuse sagesse.

EXPLOITATION DE LA RUCHE "«procédé Izarra», DANS LA PRATIQUE

Une première chose qui prime tout, importante, primordiale, est LE CALORIFUGEAGE DES RUCHES ; il faut placer le rucher au soleil (du moins dans nos régions de France et dans toutes les régions tempérées) : l'idéal serait de le mettre sous abri, ce qui évite en même temps que la pluie ne vienne frapper les parois de la ruche, ce qui non seulement peut déranger les abeilles, mais aussi peut écourter la durée de vie de la ruche en provoquant le pourrissement du bois des hausses ; à ce propos, je signale (les lecteurs le savent certainement déjà, mais il est bon de le rappeler) qu'il faut passer une couche de «carbonyle» sur les parois extérieures des hausses.

Il ne faut pas, comme on le voit si souvent, mettre le rucher à l'ombre ni en sous-bois ; Maurice Mathis a poursuivi des expérimentations qui montrent l'importance de ce calorifugeage ; c'est pour cette raison que j'ai donné la préférence de 4 cm pour l'épaisseur des parois, au lieu de 2,5 cm pour les autres ruches (dont la ruche Warré) ; cette épaisseur de 4 cm est plus considérable et donc meilleure au point de vue de la conservation de la chaleur que l'épaisseur de la plupart des autres ruches quelque soit leur type . Pour ceux qui auraient déjà des ruches dont l'épaisseur des hausses ne serait pas suffisante, je conseille donc d'y remédier par un bon calorifugeage pendant les mois d'hiver : entourer la ruche avec de la paille ou du papier-journal ou des sacs en plastique, en bonne épaisseur, maintenus par de la ficelle ou du fil de fer ; cela fera autant d'économie de miel pendant l'hivernage des abeilles et permettra à des colonies dont les réserves sont tout juste suffisantes (sinon insuffisantes) de passer ainsi heureusement les mois d'hiver sans risque de mort par famine ; Réaumur a réalisé une expérience (Maurice Mathis la rapporte à la page 83 de son ouvrage «L'exploitation rationnelle des abeilles») : une ruche faible avec peu de réserves mais munie d'un manchon protecteur contre le froid (balle d'avoine, sciure de bois) a très bien passé l'hiver.

L'idéal est, bien entendu, d'avoir une épaisseur des parois d'au moins 4 cm, en bois de sapin,et un rucher sous abri et exposé au midi. A propos de ce calorifugeage, je rappelle que les 4 prismes triangulaires cloués à l'intérieur des hausses (qui leur donnent leur forme octogonale) augmentent encore davantage leur épaisseur (dans leurs angles) et améliorent encore, de ce fait, leur calorifugeage. Voir la figure :

bati de bois

Je rappelle enfin, toujours à propos de ce calorifugeage, que la cire naturelle des abeilles est douée de qualités calorifuges que n'a point la cire gaufrée, du fait de la texture intime des lamelles de cette cire naturelle séparées entre elles par de microscopiques bulles d'air, Bien que la ruche «procédé Izarra», du fait de sa conception originale, (épaisseur suffisante de ses parois, gâteaux d’un seul tenant, sans aucune perte d'espace inutile, cire naturelle) bénéficie d’un calorifugeage idéal, il est recommandé, à l'époque de l'hivernage, d’augmenter encore cette protection contre le froid par les mesures suivantes :

Rajouter au matelas protecteur contre le froid déjà existant une bonne épaisseur supplémentaire de papier-journal alternant avec de la toile ou de la laine, matériau (toile ou laine et papier-journal) dont nous verrons un peu plus loin qu'il est le meilleur pour le calorifugeage ; faire déborder largement ce matelas supplémentaire sur les côtés de la ruche, de sorte que la protection contre le froid en soit encore augmentée ; du fait de cette épaisseur accrue en largeur, on constatera qu'il est indiqué que le toit, constitué par une tôle de zinc clouée sur un bâti de bois, déborde largement sur les côtés, non seulement par le bas, mais aussi en largeur, parce qu'ainsi il sera toujours aisé d'augmenter par du papier-journal (alternant avec de la laine ou de la toile) l'épaisseur en largeur du haut de la ruche, ce qui ne pourrait se faire que difficilement si le toit de la ruche n'avait pas été construit assez large et n’emboîtait le haut de la ruche que dans des limites trop étroites.

D'après les expériences de von Frisch , il est bon, afin d'éviter aux reines de se perdre après leur vol nuptial et aux butineuses de se tromper de ruche, de peindre les planches de vol en les couleurs suivantes : noir, blanc, bleu et jaune, en les alternant de façon adéquate.

Avec Mathis et d'autres, je donne la préférence pour le toit plat que je réalise de la façon très simple suivante : découper les 4 coins d'un morceau carré de zinc, rabattre ces côtés sur les bords et les clouer sur un bâti de bois, comme l'indiquent les figures ci-après :

bati de bois

On peut également procéder de la manière suivante : on construit tout d’abord un bâti de bois (figure ci-dessous) bati de bois que l'on recouvre d'une feuille de zinc.

On l'a vu précédemment, il est bon que le toit déborde non seulement vers le bas (afin de protéger suffisamment du vent et de la pluie), mais aussi en largeur, afin, comme on l'a vu, de rendre possible la pose d'un matelas protecteur contre le froid suffisamment épais, matelas protecteur qui augmente d'autant l'épaisseur en hauteur:et en largeur du haut de la ruche, du fait qu'il déborde sur les côtés de cette ruche.

C'est par anthropocentrisme absurde qu'on donne au toit la forme chalet.

Les avantages du toit plat sont : sa simplicité de réalisation, son efficacité contre la pluie et le vent, d'autant meilleure que les bords descendent plus bas sur les côtés et l'on peut poser dessus, puisqu'il est plat, tout objet que l'on veut, au cours des opérations apicoles.

Placer enfin sur le toit un poids quelconque (pierre, brique, etc. . .) afin de bien assurer sa stabilité.

Pour terminer ce paragraphe, je signale ici que la plus grande largeur extérieure des hausses ainsi que l'épaisseur accrue des parois donnent à la ruche «procédé Izarra» une assise un peu plus large et donc une un peu plus grande stabilité : ajoutons également que son poids supérieur augmente d'autant cette stabilité.

MENSURATIONS ET FABRICATION DE LA RUCHE «procédé Izarra»

M'inspirant des travaux de l'abbé Warré , dont la Ruche Populaire possède des hausses de dimensions intérieures 30 cm x 30 cm et dont la surface intérieure est de 900 centimètres carrés, j'ai conservé une surface intérieure équivalente de 900 centimètres carrés ; j'ai conservé également une hauteur des hausses de 21 cm, mais j'ai augmenté l'épaisseur pour des raisons de calorifugeage et l'ai portée à 4 centimètres ; le plateau de la ruche «procédé Izarra» est par ailleurs tout à fait identique à celui de la ruche Warré, avec entrée des abeilles incorporée dans le plateau.

(Voir la figure 2).

PLAFOND DE LA RUCHE «procédé Izarra»

Le plafond de la ruche «procédé Izarra» est constitué par des planchettes, larges de 2 à 3 cm, simplement juxtaposées l'une contre l'autre et disposées dans le sens indiqué par les figures 7 à 10 ; cette disposition permet à l'apiculteur de travailler derrière sa ruche sans déranger les abeilles et, dès la première planchette enlevée, d'avoir accès sur les rayons bâtis, en général mais pas toujours cependant, à bâtisses «froides» et d'y insuffler de la fumée ; sur les planchettes formant ce plafond, placer un matelas protecteur contre le froid constitué tout d'abord par une toile de sac qui recouvre directement les planchettes du plafond et déborde largement sur les côtés, puis une couche constituée par des feuilles de papier-journal alternant avec des morceaux de toile ou des linges quelconques (draps usagés, toiles de coton ou de laine, vieux sacs, vieux vêtements, etc...). Rien ne vaut le papier-journal alternant avec de la toile (ou de la laine, vieux habits, etc...) pour protéger des froids les plus rigoureux ; lorsque j'étais étudiant, j'ai maintes fois utilisé, durant les durs froids d'hiver, 2 ou 3 feuilles de papier-journal intercalées entre mes couvertures et alternant avec celles-ci et je puis garantir l'efficacité de ce procédé ; sous une telle protection on bout littéralement de chaleur! De même, une ou deux feuilles de ce même papier-journal glissées et intercalées entre les vêtements, sur la poitrine, assurent une efficace protection,et les explorateurs polaires, je l'espère, connaissent ce procédé ; du papier journal en plusieurs épaisseurs mais n'alternant pas avec de la toile ou de la laine aurait beaucoup moins d’efficacité contre le froid : ces épaisseurs feraient bloc et équivaudraient à du carton, car ce qui fait l'efficacité du papier alternant avec de la toile ou de la laine est le fait qu'un peu d'air est retenu entre les couches superposées ; c'est surtout l'air qui est doué de propriétés calorifuges. J'ai maintes fois constaté chez des apiculteurs, par ailleurs intelligents et cultivés, un défaut de calorifugeage dans leurs ruches : le plafond de celles-ci était recouvert seulement de 2 journaux et ils croyaient ainsi protéger leurs abeilles contre le froid !

Avec une ruche parfaitement calorifugée comme l'est la ruche «procédé Izarra», je suis à peu près certain que les apiculteurs des pays froids comme la Russie par exemple ne seront plus contraints de rentrer leurs ruches à l'abri pendant l'hiver ; c'est, de ma part, simple supposition dont nos amis apiculteurs de Russie sont à même de vérifier la justesse, en procédant à des expérimentations dans ce sens.

La ruche «procédé Izarra» est donc à recommander particulièrement dans les pays froids : Russie, Allemagne, Pologne, etc... ; mais son indication ne se limite point à ces pays froids, car la grande épaisseur de ses hausses qui la met à l'abri, non seulement du froid mais également de la chaleur, la recommande aussi, de ce fait, pour les pays chauds ; la ruche «procédé Izarra», du fait de la grande épaisseur de ses parois, semble donc bien être la ruche universelle, recommandable aussi bien dans les pays chauds que dans les pays froids : dans une telle ruche, les abeilles sont au chaud l'hiver et au frais l'été, tout comme les habitants d'une maison aux murs épais et au contraire des habitants d’une baraque aux murs minces qui gèlent en hiver et cuisent en été et seront contraints à un dur et dispendieux travail de régularisation thermique. (Les abeilles dépensent de l'énergie aussi bien pour refroidir la ruche que pour la réchauffer).

Maintenir ce matelas protecteur par un bâti de bois (figure ci-dessous) :

bati de bois

de forme carrée et des dimensions extérieures des hausses, posé simplement dessus et qui, par son seul poids maintiendra bien fixé ce matelas protecteur ; laisser déborder ce matelas protecteur sur les côtés, de façon à assurer une protection contre le froid non seulement sur le dessus mais également sur les côtés du haut de la ruche ; placer dessus, enfin, le toit plat dont nous avons parlé précédemment et qui. je le rappelle, est constitué par une feuille de zinc dont les bords ont été rabattus latéralement sur un bâti de bois, bords descendant suffisamment bas pour bien protéger du vent et de la pluie.

En cas de rucher clos, mettre quelques lapins qui tondent l'herbe, ce qui évite le travail de tonte fréquente de l'herbe, l'espace en avant des ruches devant être bien dégagé.

Pour réaliser ces hausses, procéder de la manière suivante : (Voir la figure 14). Réaliser tout d’abord des hausses de section intérieure carrée (qui réalisent un volume intérieur ayant la forme d'un prisme quadrangulaire carré), des dimensions intérieures 32,8 em sur 32,8 cm et de hauteur 21 em (figure 14 A) ; puis, en sciant par la diagonale des parallélépipèdes (ou prismes quadrangulaires carrés) de section carrée 9,6 em sur 9,6 em et de hauteur 21 cm (figure 14 B), on obtient des prismes triangulaires dont la diagonale fera 13,6 cm et de hauteur 21 cm, la hauteur des hausses (figure 14 C). Clouer ces prismes triangulaires dans les angles intérieurs des hausses de section carrée précédemment obtenus : on obtient des hausses de section intérieure octogonale (ou prismes octogonaux réguliers) dont les côtés mesurent 13,6 cm dont la surface intérieure est très sensiblement de 900 centimètres carrés et dont le volume intérieur est très sensiblement de 18,900 litres, surface et volume intérieurs des hausses de la ruche Warré (figure 14 D).

Notons (avantage qui n'est point à dédaigner) que ces prismes triangulaires ainsi cloués dans chaque coin de la hausse la consolident grandement en réalisant un renforcement intérieur, Le calorifugeage étant quelque chose de très important en matière de pratique apicole, ajoutons enfin, pour rappel, que ces prismes triangulaires, augmentant l'épaisseur des hausses dans leurs angles, en améliorent de ce fait le calorifugeage.

Il ne reste plus qu'à fixer à l'intérieur des hausses les deux croisillons intérieurs de soutien des gâteaux, de section carrée 1 cm x 1 cm et de longueur 32,8 cm, ce qui n'offre aucune difficulté ; clouer enfin les deux tasseaux extérieurs de saisie de la hausse (figure 14 E).

L'assemblage est faisable par quiconque sait tenir un marteau et enfoncer un clou, l'aide apportée par le menuisier se limitant tout au plus à la livraison des morceaux de planches de sapin et des prismes triangulaires.

Simplicité, facilité et solidité résument les caractéristiques de la construction de la ruche «procédé Izarra».