Les principales raisons de la taille sont d’établir un équilibre entre les parties aériennes et les parties souterraines (racines), et d’essayer de rétablir un rapport correct, vital.
Outre que les racines du cognassier ne peuvent assurer l’alimentation de la PA du poirier, ce dernier se trouve hors de son élément climatique : trop sec. Il résistera difficilement à la sécheresse de surcroît. De même s’il était greffé sur franc, cela ne changerait pas le problème de l’incapacité des racines à nourrir en eau tous les fruits à venir.
Il faudra donc recourir à la taille, pour assurer l’eau à tous les fruits, en réduisant donc la possibilité productive en fruits.
Il en va de même pour les pêchers en terrain calcaire : les racines ne sont également pas capables de nourrir l’arbre. Le calcaire a de plus la propriété de bloquer l’assimilation de certains oligo-éléments.
La taille à la transplantation peut être rendu indispensable surtout pour des arbres âgés afin toujours de proportionner PA / R.
Pour les arbres de 2 à 3 ans, il faudrait lors de la transplantation, une motte de 20 à 30 kg pour respecter les proportions vitales de l’arbre (aériennes et souterraines).
Les plantations trop profondes obligent également à la taille, car les racines se trouvent dans des couches de terre insuffisamment riches en humus pour une bonne reprise.Pour les arbres greffés sur porte-greffe nanisant et serrés, il faut tailler tous les ans, en prenant garde de couper un branche sur deux pour éclaircir plutôt qu’une taille par rapprochement qui entasse le feuillage et entraîne un déficit de photosynthèse. Le but de cette taille doit être d’éclaircir, ce qui est devenu nécessaire pour la production de fruits.
Un arbre greffé sur franc prend naturellement la forme de boule et cet arbre n’a pas besoin d’être taillé, quand toutes les conditions qu’il requiert sont respectées (région, sol, situation d’exposition...).
Il faut considérer la taille comme une opération négative : elle retranche une partie du travail du végétal, et ce sont bien les conditions dans lesquelles il a été planté, sans respect de ses conditions vitales à lui, qui détermine la nécessité d’une taille. Un végétal est capable seul de produire son potentiel vital.
Mais pour éviter la taille, il faut considérer le problème dans son ensemble et donc le penser à l’avance.
Il y a les inévitables experts, évidemment qui pratiquent des tailles très compliquées et au bout de 10 ans les arbres ne donnent plus de fruits. Ils ont trop taillé : il y a trop peu de parties aériennes par rapport aux racines. Les racines ont donc trop de vigueur par rapport à la masse aérienne présente, et elles vont donc favoriser les « gourmands » essentiellement.
Les « gourmands » signifiant là, non une perte de production mais une production différée. En effet dans les gourmands, il y a une potentialité de production très forte.
Dans ce cas, il vaut mieux laisser l’arbre se rééquilibrer même si il y a risque de ne pas avoir de fruit cette année-là, que de rentrer dans tout un processus de retaille, ce qui ne ferait qu’accentuer le déséquilibre pour l’arbre.
Donc l’essentiel est de respecter un équilibre : carbone, azote, parties aériennes-racines, respect de la géonomie de l’arbre et de la région.
Plus une région est sèche et plus on met sur un porte-greffe affaiblissant, plus il faut tailler.
Plus l’arbre et le porte greffe sont vigoureux, plus le sol est riche et moins il faut tailler.
Plus les racines sont puissantes, plus le sol est riche et plus l’arbre pourra se nourrir d’éléments fertilisants et moins il faudra le tailler.
Par exemple, une année très sèche, il faudra tailler automatiquement et sévèrement un arbre sur un porte-greffe faible. Ceci afin de réduire l’évapotranspiration excessive du feuillage et donc de préserver un minimum de production de fruits. Les fruits restants seront d’autant plus fortifiés, du fait de la re-concentration de la sève élaborée et du rôle du feuillage dans le processus de nutrition des fruits.