Les pruniers européens

Ils conviennent parfaitement aux régions méridionales de la France, où les gelées tardives sont moins à craindre... cependant, leur floraison demi-tardive les met dans une certaine mesure à l’abri des gelées printanières.

Ils fleurissent après l’amandier et l’abricotier.

Cependant que certaines espèces de pruniers (japonais ?) fleurissent avant les pêchers. Pour les espèces de fruitières sensibles aux gelées printanières tardives ; les retours de froids après le débourrement sont néfastes éviter à cet égard les plantations dans les fonds de vallées et les cuvettes.

N.B : En région Parisienne, les pruniers européens fleurissent de la mi-Avril à la fin Avril, ce qui les met, dans une certaine mesure, à l’abri des gelées printanières.

D’autre part les pluies peuvent également être néfastes à la floraison (coulure des fleurs) de même que les vents, d’autant plus que ces intempéries (pluies, vents) gênent le travail des abeilles... les vergers de pruniers craignent le vent. Il leur faut des situations bien abritées.

Prunus domestica

Les pruniers préfèrent les coteaux bien ensoleillés. C’est ainsi que la région du Bas Languedoc-Roussillon est assez favorable à la culture des pruniers : de sorte que les rendements y peuvent être assez élevés.

La variété de prune «Royale de Carcassonne» (ou «cœur de bœuf») donne (les arbres étant âgés de 22-23 ans) :

N.B : les rendements moyens du prunier sont de l’ordre de 30 à 50 kg de fruits/arbre.

De sorte que des rendements de l’ordre de 10 à 15 t de prunes/ha équivalent à 4-5 t de prunes séchées (rendement du séchage 35 à 40 %), peuvent être considérés comme des récoltes honorables.

Cependant que certains pruniers arrivent à produire jusqu’à 100 ou 200 kg de fruits et même parfois davantage.

Les pruniers préfèrent les terrains argilo-calcaires, un peu frais à flanc de coteaux, avec une exposition chaude : Sud, Sud-Est ou Sud-Ouest. Cependant, tous les sols lui conviennent, cultivé sur ses propres racines, le prunier est l’un des arbres les plus accommodants qui soient sur la nature du sol grâce à son système radiculaire traçant, il prospère là où les autres espèces périssent par asphyxie.

Dans la province du Languedoc-Roussillon, on les cultivait depuis la vallée du Jaur à celle de l’Hérault, jusqu’aux parties bases des vallées de l’Aude, de l’Orb, de l’Agly, du Tech et de la Têt.

Ses racines traçantes lui permettent de prospérer même en terrains peu profonds.

Cependant, en culture commerciale, il est bon de ne pas se permettre trop de fantaisie, les sols perméables silico-argileux suffisamment pourvus en argile et en calcaire sont les plus favorables, en effet, le prunier préfère les terre argilo-sableuses ou calcaires saines.

Les sols sains et suffisamment perméables favorisent l’enracinement en profondeur : donc la production, qui dépend aussi de l’intensité de l’exploration du sol par les racines.

Les plants issus de semis de noyaux s’enracinent plus profondément

Comparés à ceux issus de drageons et à fortiori lorsqu’il s’agit de semis élevés sur place, lorsque les arbres n’ont pas été transplantés.

Les francs (semis de noyaux) de pruniers domestiques présentent en effet un enracinement bien plus développé, à la fois traçant et pivotant, ce qui explique la plus grande fertilité des arbres.

Cependant on leur évitera les terres de boulbènes (limons battants et acides) : dans ce cas il vaut mieux greffer sur le prunus marianna, résistant à l’asphyxie.

Le semis direct de noyaux permet de reproduire fidèlement certaines variétés stables telles :

N.B : les noyaux étant mis en stratification dans du sable légèrement humide dès la récolte et semés au printemps suivant.

N.B : Les noyaux de prunes perdent très facilement leur faculté germinative lorsqu’on les laisse sécher trop rapidement. Or beaucoup de semences que l’on trouve dans le commerce sont arrivées à cet état de dessication. Aussi la germination est-elle extrêmement irrégulière et souvent nulle... Dès leur récolte, les noyaux doivent être dépulpés et séchés à l’ombre (pour enlever l’excès d’humidité qui risquerait d’amener des moisissures, et aussitôt mis en stratification dans du sable légèrement humide. Cependant le noyau trouverait peut-être bénéfice à être semé directement en terre après la récolte.

DENSITÉ DE PLANTATION

200 arbres/ha en moyenne, avec un écartement de 7 x 7 m. En réalité, les densités de peuplement varient de 150 à 250 arbres/ha et correspondent à des écartement qui vont de 6 x 6 m à 8 x 8 m, selon les variétés et leur mode de conduite en demi-tige ou haute tige. Ainsi, les pruniers d’Ente à port érigé conduits en haute tige seront souvent plantés à un écartement de 8 x 8 m alors que la variété reine-Claude a un port buissonnant et peut être plantée à moindre écartement ; surtout lorsqu’il s’agit de demi-tiges... et que l’on peut planter à 5 ou 6 m d’écartement en tous sens.

CULTURES INTERCALAIRES

Généralement, on installera un sous verger de vignes ou de cassissiers par exemple, les pruniers étant espacés de 7 m sur la ligne, avec des interlignes de 8-10 m d’écartement. (10 x 7 m) dans chaque interligne, on installe 3 rangées de cassissiers distantes de 2 m, avec un écartement de 1,6 m sur le rang, ce qui fait un écartement de 2 x 1,6 m.

Les cassissiers fructifient bien à l’ombre des arbres.

N.B : le prunier est un arbre qui fait 6 m à 8 m de hauteur.

Longévité : 40 ans.

N.B : de nombreuses variétés de pruniers (européens) nécessitent une fécondation croisée : il est donc recommandé de mélanger différentes variétés de pruniers dans le verger.

Ainsi la variété reine-Claude verte ou « dorée » sera pollinisée par le prunier d’Ente.

Par contre le prunier d’Ente est auto-compatible, mais il n’en est pas de même pour « robe de sergent » (sous variété Californienne) qui s’en distingue par la nécessité d’une fécondation croisée.

LE PROBLÈME DE L’ALTERNANCE DE PRODUCTION

Il est souvent causé par un déséquilibre C/N, autrement dit par la faim de N, lorsque le verger est planté trop serré ou lorsque les travaux du sol ont coupé les racines traçantes. Et de même, lorsque le déséquilibre PA/R contraint à la taille des arbres.

LA RÉCOLTE

Il faut récolter à maturité complète et laisser les reine-Claude se rider sur les arbres. Les fruits qui tombent d’eux-mêmes seront plus riches en sucres et en matières pectiques que ceux récoltés par secouage : c’est durant les derniers jours précédant la chute naturelle que s’effectuent les transformations chimiques les plus importantes.

De même les prunes « d’Agen » destinées au séchage. Dans les régions méridionales, bien que les pruniers soient des espèces plutôt tardives, les dates de cueillette s’échelonnent de :

N.B : les pruniers peuvent être également cultivés avec succès dans le Sud-Est (Gard, Vaucluse, Bouches du Rhône, corse) en vue d’une commercialisation précoce de reine-Claude, de mirabelles, et de prunes d’Agen. De surcroît ces régions présentent en outre l’avantage d’être très favorables au séchage des fruits, de par la précocité de leur production en pleine sécheresse estivale.

La durée du séchage naturel étant de 7 à 8 jours : les fruits étant exposés au soleil les 2 ou 3 premiers jours et le reste du séchage s’effectuant à l’ombre... les fruits à sécher doivent être cueillis à maturité complète, sinon ils sont trop riches en eau, et pas assez en sucres, ce qui ne faciliterait pas le séchage.

L’HUILE DES NOYAUX

Les noyaux des prunes contiennent une amande amère, mais qui est riche en huile : elles contiennent en effet 40 à 50 % d’huile.

Les noyaux ont un rendement au cassage de 32 % d’amande (amères) avec 68% de coques (qui fournissent par ailleurs un excellent combustible qui ne laisse que 0,42 % de cendres).

Rendement à la pression : 35 à 40 % d’huile obtenue à pressoir à huile (calculé par rapport au poids d’amandes sèches).

Cette huile a une légère saveur amère et une odeur d’amande amère très prononcée, mais elle est très comestible, (la majeure partie de l’acide prussique restant dans le tourteau)... On pourrait également presser à huile les amandes des prunelliers et des diverses autres espèces de pruniers sauvages : après avoir brisé la coque des noyaux à la meule.

Pruniers

Rosacées, sous famille de prunoïdes, Prunus (groupe des Euprunus ou pruniers vrais).

Pruniers « Européens » :

Pruniers Japonais : Prunus salicina Lindl. & Triflora. Roxb

Pruniers américains : Prunus hybrides divers